[W3] Autres méthodes empiriques et la recherche des régularités

Publié le par 1A 08/09 notes

 

Etienne Wasmer


Principes de microéconomie



Séance 3


 

1.Introduction: corrélation ou causalité?

Exemple du cannabis. « Les auteurs de ce travail se refusent à établir une relation directe de causalité entre la consommation de cannabis et les affections psychotiques ». Malgré cela le journaliste dans son titre établi la causalité pour un effet spectaculaire.

1.1. Une difficulté: la causalité inverse-Exemple 1: salaire minimum et chômage

Le salaire minimum peut-il augmenter le chômage? Les analyses ne permettent pas d'établir une causalité, car plusieurs mécanismes peuvent jouer en même temps. Dans ce cas la décision du gouvernement de procéder à une hausse du salaire minimum ne va pas se faire n'importe quand mais en général dans des circonstances macro-économiques favorables. On parle de système économique, il y a plein de relations entre les différentes variables qui vont perturber les analyses économiques.

1.2. Exemple 2: prix et quantités

Dépend des circonstances, pétroles : corrélation positive, cigarettes : corrélation négative.

1.3. Histoire de l'identification

Contrairement aux sciences exactes, on a pas la possibilité de faire deux fois la même expérience.


2. La causalité au sens de Granger

2.1. Exemple: consommation et activité économique

Peut-on relancer l'activité économique par la consommation? On s'intéresse au timing des événements. Quand il y a décalement entre les creux et les pics, cela suggère une causalité.

2.2. Définitions

X cause Y si les valeurs passées de X ont un impact statistique sur les valeur actuelle ou future de Y.

2.3. Avantages du concept

Ce concept n'exclue pas la causalité réciproque, et permet de penser les effets à long terme d'une politique.

2.4. Limites du concept

Les agents peuvent anticiper ce qui va se passer dans le futur. Exemple: en Italie, lorsque l'on sait qu'une amnistie arrive, il y a plus de criminalité. Ce n'est pas les libérations qui créent forcément la criminalité.

2.5. Conclusion partielle

La temporalité des événements permet de cerner les causes et les effets.


3. Les méthodes expérimentales-Les expériences aléatoires

3.1. Stratégie: l'expérience

On teste des théories sur des échantillons d'individus. On ne peut avoir deux « France », mais on peut tester des théories sur deux groupes d'individus, un groupe de contrôle qui ne subit aucune mesure de politique publique, et un groupe de traitement. On compare ensuite les deux évolutions. Les groupes doivent être le plus comparables possible.

3.2. Exemple: prime pour l'emploi au Canada

On parle d'impact causal.

3.3.Méthode: différence-en-différence

On compare après et avant, et le groupe testé et le groupe non testé.

Ces méthodes coutent très cher. On préfère donc parfois des quasi-expériences.


4. Les méthodes quasi-expérimentales

4.1. Méthode

On parle d'expérience naturelle, car on utilise des événements soudain, rares, brutal, et si possible exogène.

4.2. Exemple: l'étude de Card


5. Les méthodes instrumentales

La productivité (l'employabilité) dépend-elle du niveau d'étude et si oui de combien?

5.1. Exemple: productivité et niveau de l'étude

5.2. Le problème des facteurs manquants

Des tonnes de facteurs manquants peuvent expliquer la corrélation.

5.3. Recettes pour trouver la causalité

5.4. Méthode des instruments


6. Conclusion

La plupart des questions économiques se traduisent de façon quantitative par des variables. Les relations entre les variables doivent commencer par une relation naïve au sens des moindres carrés (on va essayer d'exprimer des relations entre une variable Y et une variable X). Mais il faut avoir en tête qu'on a toujours pleins de mécanismes qui vont perturber cette relation. Ce qui nous intéresse c'est de revenir à des causalités qui correspondent à certains mécanismes particuliers. Parmi les méthodes qui permettent d'aller au-delà de cette simple corrélation:

-les séries temporelles, l'exploitation du timing des événements, c'est la causalité au sens de Granger

-les expériences aléatoires, on définit soi-même son expérience,

-les quasi-expériences où on va utiliser un événement particulier pour faire un peu d'inférence par rapport à un groupe de traitement et un groupe de contrôle, c'est nous même qui allons définir le groupe de contrôle,

-et puis les méthodes expérimentales, qui ne sont qu'une généralisation de la méthode des différences-en-différences, on peut revoir la méthodes des différences-en-différences comme une méthode instrumentale particulière.

Publié dans Semestre 1

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