Economie - Galop 2007 Corrigé

Publié le par 1A 08/09 notes


L’EXAMEN EST NOTÉ SUR QUARANTE POINTS


Les calculatrices sont interdites. Répondre dans les espaces prévus après les questions. Si vous utilisez les feuilles blanches situées après le sujet, identifiez clairement la partie et la question concernées.




PARTIE A : QCM (10 points)


Une seule réponse par question de QCM est juste. Entourez la bonne réponse.


1. Un bien ordinaire est un bien dont la demande augmente lorsque le revenu augmente :

a. Vrai

b. Faux.


Bonne réponse : +2 ; mauvaise réponse : -2 ; pas de réponse : 0.


2. La courbe d’offre agrégée correspond à :

a. la quantité que le marché est prêt à absorber pour un prix donné

b. une combinaison des courbes de coûts marginaux des entreprises individuelles

c. la quantité qu’un producteur est prêt à produire pour un prix donné.


Bonne réponse : +2 ; mauvaise réponse : -1 ; pas de réponse : 0.


3. Un agent alloue l’intégralité de son revenu à la consommation de deux biens : un bien de nécessité et un bien de luxe. Si le revenu de cet agent double alors que les prix des deux biens restent inchangés, comment sera constitué le nouveau panier de consommation optimal de cet agent ?

a. L’agent consommera la même quantité des deux biens par rapport à la situation antérieure

b. L’agent consommera le double de la quantité de chacun des deux biens par rapport à la situation antérieure

c. L’agent consommera une proportion plus grande du bien de luxe par rapport à la situation antérieure

d. L’agent consommera une proportion plus grande du bien de nécessité par rapport à la situation antérieure.


Bonne réponse : +2 ; mauvaise réponse : -2/3 ; pas de réponse : 0.


4. Laquelle, parmi les affirmations suivantes, NE fait PAS partie des six propriétés des préférences vues en cours :

a. Les courbes d’indifférence ne se croisent pas

b. La valeur absolue du TMS est décroissante le long d’une courbe d’indifférence convexe

c. Les courbes d’indifférence sont croissantes

d. Plus la courbe d’indifférence s’éloigne du point d’origine, plus la satisfaction de l’agent est importante.


Bonne réponse : +2 ; mauvaise réponse : -2/3 ; pas de réponse : 0.


5. Soit deux biens complémentaires : le café et le sucre. Leur élasticité prix-croisée est :

a. positive

b. nulle

c. négative.


Bonne réponse : +2 ; mauvaise réponse -1 ; pas de réponse 0.

PARTIE B : Questions de cours (10 points)


Répondre en 10-15 lignes maximum, dans l’espace prévu.




  1. Définissez à partir d’une représentation graphique le concept de la corrélation entre deux quantités. Utilisez un cas concret vu en cours afin de montrer pourquoi il ne suffit pas de constater l’existence d’une corrélation entre deux variables pour conclure à l’existence d’une relation de causalité. (3 points)


Réponse :


Les exemples vus en cours - dont celui du prix du vin - permettent de traiter la question. Dans l’exemple ci-dessus (prix du vin et climat), la corrélation vaut causalité. Mais dans le cas général, on peut avoir des corrélations qui ne sont pas des causalités à cause de variables manquantes ou de causalités multiples. Par exemple, dans le cas du lien entre le salaire minimum et l’emploi, j’avais expliqué que le salaire minimum était augmenté en période de croissance, ce qui était un exemple de causalité inverse. Tout exemple pertinent de corrélation ne valant pas causalité (exemple : 90% des gens meurent dans leur lit, donc il vaut mieux éviter de se coucher) devrait recevoir la quasi-totalité des points.



  1. Que signifie le principe du raisonnement à la marge (« tout est à la marge ») pour une entreprise? Développez à la fois à partir des décisions d’embauche et des décisions de production comment ce raisonnement se décline. A quelle propriété sur les revenus marginaux et les coûts marginaux ce raisonnement conduit-il ? (4 points)


Réponse :

Lorsqu’une entreprise produit une unité supplémentaire de produit, elle compare le revenu marginal (le prix en concurrence pure et parfaite) et le coût marginal (supposé croissant). Si le coût marginal est inférieur au prix, elle continue à produire. S’il est supérieur, elle réduit sa production. C’est cela le raisonnement marginal. Même exemple développé en cours avec le produit marginal du travail, comparé au coût marginal du travail (le salaire et les charges). Les propriétés sont donc : Cm=revenu marginal de la production dans le premier cas ; produit marginal du travail = coût marginal du travail (= salaire+charges) dans le deuxième cas.


  1. Qu’est-ce que l’incohérence temporelle ? Quelles sont les stratégies que l’individu peut adopter pour se prémunir de l’incohérence temporelle de ses choix ? Utilisez un exemple vu en cours pour étayer votre explication. (3 points)



Réponse :

Il s’agit d’un comportement en apparence non-rationnel dans lequel l’individu choisit à une date ses actions futures, mais lorsque vient le temps de réaliser ce programme, l’individu change d’avis. La procrastination est un de ces exemples. Ulysse et les Sirènes est un autre exemple : Ulysse veut résister au chant des Sirènes mais sait à l’avance qu’il changera d’avis. Sa stratégie est donc de se lier les mains (une règle définie à l’avance et contraignante). Celle des marins est de se boucher les oreilles (ne pas avoir toute l’information). Autres exemples : les cotisations retraite obligatoires, l’épargne terme…


PARTIE C : EXERCICE (10 points)


Répondre dans les parties prévues à cet effet. Numérotez vos graphiques pour pouvoir vous y référer dans vos explications.




Soit O l’offre agrégée de logement locatif sur un marché local (ville de province). Soit D la demande agrégée de logement. L’offre et la demande dépendent du loyer noté R. On supposera la propriété d’atomicité des vendeurs et des acheteurs. On suppose aussi que le logement représente un bien homogène et qu’il n’existe aucun obstacle à la mobilité des locataires. On considère donc ce marché en concurrence pure et parfaite.


On définit le court-terme comme la période de temps pendant laquelle aucun nouveau logement n’est construit dans la ville, et le long-terme la période de temps pendant laquelle des logements nouveaux peuvent être construits. Cet exercice porte sur le court-terme.



  1. Offre de logement de court-terme


  1. Dans le court-terme, on suppose généralement que l’offre de logement est très inélastique. Dans le plan (quantité de logement, loyer) où les quantités sont sur l’axe horizontal et le loyer est sur l’axe vertical, tracez un exemple d’offre très inélastique. (0,5 points)


Réponse :

Loyer

de logement


b. Expliquez en une phrase ce que veut dire une offre inélastique dans le cas général d’un marché compétitif. (1 point)


Réponse :

Cela veut dire que les propriétaires réagissent peu aux variations du loyer (par ex., il n’y a pas beaucoup de logements en plus si les loyers augmentent). Plus généralement, élasticités faibles = marché peu réactif.


c. En réalité, même lorsque le parc de logement existant est constant, la quantité de logements offerts en location dans la ville croît, mais faiblement, avec le loyer de marché, même dans le court-terme. En introduisant la notion de coût d’opportunité et l’hétérogénéité des propriétaires, expliquez rapidement pourquoi l’offre de logement augmente avec le loyer même dans le court-terme.

NB : plusieurs explications sont possibles, une seule est suffisante. (1,5 points)


Réponse :

Question plus ouverte, être indulgent et donner des points si créativité. Les propriétaires peuvent avoir un usage alternatif du logement : l’utiliser de temps en temps, y loger des amis, etc. Le coût d’opportunité des propriétaires est donc le coût du renoncement à ces usages. Le coût d’opportunité est hétérogène dans la population. Lorsque le loyer augmente, plus de propriétaires veulent louer car ils sont plus nombreux à avoir un coût d’opportunité inférieur au loyer. Donc, même si le parc total de logement est fixe, l’offre totale mise en location peut augmenter dans le court terme avec le loyer.


Une autre possibilité d’interprétation (qui est plus proche de l’esprit des coûts marginaux) est que certains logements doivent être rénovés avant d’être loués. Avec des loyers faibles, les propriétaires peuvent préférer les laisser vacants. Avec des loyers plus élevés, ils peuvent préférer rénover et mettre en location. Donc le parc locatif augmente avec le loyer même dans le court terme.


Consignes de correction : donner 0.75 point si le coût d’opportunité est correctement défini, 0.5 à 0.75 points si le lien entre hétérogénéité et offre croissante est compris. Si quelqu’un parle de coûts marginaux, donner des points s’il parle de rénovation ou du coût de louer (bail, taxes, etc.) mais ne pas donner de points si explication en terme de coût marginaux de production puisque la question exclut cette possibilité.


  1. Demande de logement


  1. La demande de logement est représentée par une droite de pente -1. Représentez cette droite dans le plan (quantité de logement, loyer). (0,5 points)


  1. Expliquez économiquement pourquoi la pente est négative. Décrivez notamment un ou deux exemples concrets ou des situations individuelles qui expliqueraient une pente négative. (1,5 points)


Réponse :

La demande diminue lorsque le prix du bien augmente (bien ordinaire). Si les loyers sont plus élevés, les ménages peuvent préférer s’installer en périphérie >> donc la demande sera moindre ; ils peuvent hésiter à s’installer dans cette ville >> donc la population de la ville baissera et donc la demande sera moindre ; enfin les jeunes peuvent hésiter à s’installer. Toutes ces situations correspondent à des décisions à la marge des ménages.  Idem, question requérant du bon sens. Donner les points si l’explication est satisfaisante.



  1. Représentez le loyer d’équilibre de concurrence pure et parfaite dans le court-terme. On le note R*. (0,5 points)


Simple graphique offre demande.



  1. Sur le graphique précédent, représentez le surplus des propriétaires, celui des locataires.

(1 point)


Réponse :

Les triangles habituels. Pour ceux qui ont tracé une courbe d’offre verticale, le surplus des propriétaires est impossible à tracer. Etre indulgent dans ce cas, mais s’il est écrit que ce surplus est nul dans ce cas, alors ne pas donner le maximum de points, car en réalité le surplus serait un rectangle entre R* et l’axe de l’origine. Les questions précédentes suggéraient, ceci dit, de garder une courbe d’offre avec une pente positive forte mais finie, pour éviter de se compliquer la vie par la suite.


  1. Expliquez économiquement ce que ces surplus représentent, sur ce marché particulier.

(1 point)

Réponse :

Pour les locataires, il s’agit de la différence entre leur utilité marginale (la propension à payer pour se loger) et le loyer. Pour les propriétaires, de la différence entre le loyer et le coût d’opportunité (utilisation alternative du logement). Ceux qui parlent de différence entre loyer et coût marginal de production pour le surplus des propriétaires doivent recevoir des points, partiellement ou totalement à votre discrétion, dans la mesure où les coûts de rénovation d’un logement peuvent être interprétés comme un coût de production (du service « logement »).



  1. Le nombre de divorces augmente. Les loyers augmentent également, à un niveau noté R**.


  1. A l’aide des diagrammes d’offre et de demande, pouvez-vous expliquer le lien entre les deux phénomènes ? Aide: une des deux courbes se déplace suite à l’augmentation du nombre de divorces, l’autre reste inchangée. (1 point)



Réponse :

Suite à un divorce, il faut deux logements au lieu d’un. Pour un loyer donné, cela correspond à une hausse de la demande. Donc un déplacement de la courbe de demande vers le haut le long de la courbe d’offre. On peut bien sûr penser que la taille des logements diminue mais l’hypothèse de travail est celle d’un bien homogène, cette considération importante en soi est exclue ici.


Il en résulte que le loyer d’équilibre augmente au niveau R**.






  1. Pour les deux questions qui suivent, refaire un simple graphique offre de court terme et demande avec un niveau de loyer R** à l’équilibre. (pas de points)




b. (suite) Tenant compte de la hausse des loyers, le gouvernement considère que le surplus des locataires est trop faible. Dans un premier temps, il impose un loyer maximum dans la ville RM<R**. Représentez sur le graphique précédent l’impact sur les quantités de logement offertes et demandées.

(0,5 points)

Réponse :

Graphique simple avec prix fixe sous le prix d’équilibre et rationnement de l’offre.


  1. Cette politique conduit-elle à une perte de surplus collectif importante dans le court-terme ? Si l’offre était plus élastique, la perte serait-elle plus importante ? (1 point)


Réponse :

Comme l’offre de court-terme est faiblement élastique, il y a une toute petite baisse du nombre de logements. Cela implique une petite perte de surplus collectif. La perte est d’autant plus forte que l’offre de court-terme est élastique. NB, pas demandé mais peut être dit : les locataires y gagnent (surplus augmente), les propriétaires y perdent (surplus diminue). Si l’offre était élastique, il y aurait une perte de surplus plus importante.

PARTIE D : Etudes empiriques (10 points)


NB : Cette étude de cas prolonge l’exercice précédent.

Répondre dans les parties prévues à cet effet.


  1. Soit un économètre disposant de données de long-terme entre les divorces et le prix des loyers d’une grande ville, disons Marseille. Il observe dans les données que le taux de divorce augmente au mois de novembre et que les loyers augmentent au mois de décembre, de façon régulière, chaque année, entre 1970 et 2000. En supposant qu’il n’existe aucune variable manquante expliquant ces régularités et aucun caractère saisonnier affectant les deux variables, à quel concept vu dans le cours cet économètre peut-il faire appel pour déterminer l’existence d’une causalité ?

NB : vous pouvez tracer un graphique approximatif décrivant la relation entre les deux données avec les années et les mois sur l’axe horizontal. (2 points)



Réponse :

Causalité au sens de Granger : une courbe précède l’autre donc la variable qui précède l’autre la cause au sens de Granger. Donc le divorce cause la hausse des loyers. Ceux qui parlent des limites du concept en termes d’anticipations qui peuvent conduire à la causalité inverse peuvent recevoir des points en plus du maximum, mais ici il est difficile de voir en quoi une hausse anticipée des loyers va augmenter le taux de divorces (sauf, pourrait-on dire pour plaisanter, si les maris anticipant la hausse des loyers offrent moins de fleurs, ou si les gens travaillent plus et se voient moins, mais ce sont des effets de second ordre).


  1. Dans la ville de Bordeaux, on imagine que la municipalité distribue une aide au logement (deux euros le mètre carré) à partir du mois de juillet 2006 à l’ensemble des ménages avec trois enfants (groupe A).


L’économètre observe que pour ces ménages, les loyers sont de 10 euros le mètre carré entre janvier et juin 2006, et de 12 euros le mètre carré entre juillet et décembre 2006.


Il observe aussi que les ménages avec deux enfants qui n’ont pas bénéficié d’aide de la mairie (groupe B), voient leur loyer augmenter de 11 euros le mètre carré à 11.5 euros le mètre carré.


Enfin, le groupe des ménages avec un seul enfant ou sans enfants (groupe C) a vu le loyer progresser de 12 euros à 13 euros le mètre carré.


  1. Des deux groupes B et C, lequel est le plus comparable au groupe A et pourquoi ?

(1 point)

Réponse :

Le groupe B dont la structure démographique et les caractéristiques des logements seront plus proches.



  1. Quel est le groupe de traitement, A, B ou C ? Définir un groupe de traitement. (1 point)

Réponse :

Le groupe A. Groupe recevant le bénéfice d’une mesure de politique publique, terminologie adaptée des études médicales.



  1. Quel est le meilleur groupe de contrôle, pourquoi ? (1 point)

Réponse :

Le groupe B, le plus proche et donc les effets de la conjoncture par exemple ou d’autres variables externes affecteraient les groupes A et B de façon proche.



  1. Selon la méthode des différences-en-différences, quel montant de l’aide au logement de la municipalité est transformé en hausse des loyers au sens causal ? Quelle fraction de l’aide cela représente-t-il ? (3 points)

Réponse :

La première différence est de 2 euros pour le groupe A (après la mesure moins avant la mesure = 12 -10). Mais le loyer pour le groupe de contrôle a progressé de 11.5-11 = 0.5 euros. Donc l’impact causal de l’aide de deux euros est de faire monter les loyers de 1.5 euros. 75% de l’aide aux locataires passe en hausse des loyers. Etre indulgent si la deuxième différence est mal calculée ou celle du groupe C : si le principe est compris on peut donner un point ou un point et demi.


  1. Expliquez, à l’aide d’un graphique offre-demande, la raison de cette hausse des loyers. (2 points)

Réponse :

Déplacement de la courbe de demande, offre assez peu élastique.


Publié dans Semestre 1

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