BOUTRY 9 : parlementarisme et démocratie au RU

Publié le par 1A 08/09 notes

Séance 9 : parlementarisme et démocratie au RU

 

Parlementarisme différent de la démocratie. 3 idées :

·         Le RU, berceau des institutions parlementaires n’est pas le berceau de la démocratie. La monarchie parlementaire anglaise va se transformer très lentement en une démocratie parlementaire. Au premier XIXe siècle elle est conservatrice et libérale. Mais elle n’a pas connu de révolution au XIXème siècle, ce dont ils sont fiers. 2 grandes réformes vont permettre de se démocratiser. Il n’y a pas de mouvement révolutionnaire au RU en 1848, ce qui fut exceptionnel.

·         Le RU est le pays le plus avancé du monde sur la voie de la révolution industrielle. A partir des années 1780 à cause de la faiblesse du commerce intérieur, de l’importance des propriétés privées et de l’abondance du charbon. Modèle industriel pour toute l’Europe. Révolution énergétique : houille, vapeur. Révolution des transports : canaux, chemins de fer et bateaux à vapeur. 2 secteurs : la métallurgie et le textile. Le modèle britannique est tourné vers l’extérieur. Elle s’appuie donc sur une flotte et devient la première puissance maritime du monde (commerciale et militaire).

·         Critères différents des pays d’Europe : c’est le pays le plus urbanisé du monde (50% en 1851 ; en 1929 en France). C’est la 1ère puissance mondiale, industrielle et commerciale du monde. Cependant son armée est réduite : c’est une armée de métier qui intervient peu. Elle possède le 1er Empire colonial du monde (Gibraltar ; Malte ; Jamaïque, Maurice = îles à sucre ; Canada, Indes ; Hong-Kong en 1842).

 

 

I.                 Les institutions parlementaires britanniques

 

Waterloo : 18 Juin 1815 : fin de l’hégémonie française en Europe. Supériorité anglaise dure jusqu’à la fin du XIXe siècle. RU unifiée avec plusieurs parties. Irlande forcée de s’intégrer en 1800. Il y a une seule couronne et un seul Parlement. Pas de Constitution écrite. La monarchie constitue de plus en plus un symbole. La personne du roi est inviolable et sacrée, c’est le chef de l’Eglise établie (anglicane). Il nomme les évêques, possède le droit d’anoblissement et peut dissoudre le Parlement. Les derniers monarques de la dynastie de Hanovre sont très affaiblis : George III est fou et son fils lui succède de 1820 à 1830 et se nomme George IV : il gouverne peu. Il n’a pas d’enfants donc c’est son frère Guillaume II qui lui succède. Victoria va ensuite régner jusqu’en 1901 et se marie au prince allemand Albert. A partir d’elle les anglais vont construire une nouvelle image de la monarchie. Aux côtés du monarque il y a le cabinet des ministres : ils sont nommés par le roi mais doivent posséder une majorité au Parlement. Il y a un PM et quelques ministres (6 à 8 personnes). Les ministères ne sont pas solidaires. 2ème puissance : le Parlement qui siège à Westminster : il vote le budget, examine les propositions de lois (bills) et les transforme en acts. Les Lords ont l’initiative des lois sauf pour le budget. La Chambre des Communes ou Basse élit son Président, possède l’initiative des lois et à l’exclusivité sur les lois financières. 2 types de représentants : ceux des comtés et ceux des bourgs.

Elle n’est pas représentative : elle a un déficit de représentativité : elle privilégie l’Angleterre du sud-est pour des raisons historiques alors que le nord, le Pays de Galles et l’Ecosse sont sous-représentés. Il existe des bourgs pourris : 51 bourgs possèdent moins de habitants : ici les voies s’achètent. Les whigs (libéraux) s’opposent aux tories (conservateurs). Ces derniers sont responsables de la guerre contre la France. Ils dominent depuis la fin du XVIIIe siècle et jusqu’à 1830. Ils sont des partisans de la monarchie et de l’église anglicane. Ils ont mené la lutte contre la France, ils favorisent une expansion militaire et navale qui leur donna la victoire à Waterloo.

 

 

II.             Les réformes libérales

 

La Chambre des Communes souffre d’un déficit de représentativité : la société légale n’a plus rien à voir avec la société réelle. Importance des exclusions, avec des fondements religieux, sociaux et nationaux.

·         Religieux : l’Angleterre est passée à la réforme sous l’autorité du roi Henri VIII : ce mouvement réformateur s’est accentué au XVIe et XVII siècle : il a mis en place des églises établies et en Ecosse l’Eglise d’Ecosse qui est calviniste. Ces 2 Eglises établies sont les seules reconnues par l’Etat. S’y ajoute la Church of Ireland d’inspiration anglicane qui est la seule reconnue dans ce pays. Or le monde protestant britannique est agité par un renouveau religieux de type populaire. Des pasteurs viennent prêcher la religion chrétienne aux populations ouvrières (Wesley fonde des églises méthodistes). Protestantisme très populaire qui se développe avec les assemblées de plein air (meetings) et les écoles du dimanche. Par contre las catholiques d’Irlande demeurent totalement exclus de ces renouveaux et de ces affirmations publiques. Or seuls les anglicans peuvent voter. Les autres non et sont aussi exclus des charges civiques et politiques.

·         Sociaux : système censitaire : les plus riches ont le pouvoir. La société britannique est transformée très rapidement par l’industrialisation. Le passage d’une économie de guerre à une économie de pais amène du chômage : agitation des ouvriers : répression par l’armée en 1819 : 11 morts et 400 blessés. Meetings : immense rassemblement social et politique.

·         Nationaux : l’île voisine, l’Irlande a été progressivement colonisée par l’Angleterre entre la fin du MA et la fin du XVIIe siècle. Cromwell et Guillaume d’Orange. Victoires célébrés par les protestants irlandais encore aujourd’hui (les orangistes). Très nombreux en Ulster. Tentative révolutionnaire échoue en 1798 et en 1800 : le Parlement de Dublin est supprimée et l’Irlande n’est plus représentée qu’à Westminster : conséquences désastreuses : problème irlandais. La situation des paysans irlandais n’a cessé de s’aggraver : leurs biens ont été confisqués et donnés à des propriétaires terriens britanniques anglicans. Or la population grandit et vit de moins en moins bien. La dîme pour l’église anglicane s’ajoute aux impôts. Sur le plan religieux : la religion catholique fait bloc autour de ses prêtres : forme de résistance (de même au Québec) qui va entraîner des revendications nationales. O’connell est libéral et fonde en 1823 la Catholic association, mouvement populaire financé par le peuple. Il organise d’immenses meetings où les catholiques réclament les mêmes droits que les protestants. Son élection en 1828 est invalidée car il est catho.

 

Du coup les conservateurs cèdent du terrain : Wellington et Peel comprennent qu’il faut réformer si l’on veut éviter une révolution. En 1828 le gouvernement conservateur abolit les interdictions contre les dissenters. En 1829 George IV signe le bill d’émancipation des catholiques. Mais le cens passe de 2 livres à 10 livres pour éviter un afflux des électeurs irlandais. Cela met cependant fin aux exclusions d’ordre religieux. Great reform bill : suppression des bourgs pourris, le cens est abaissé : on passe de 200 000 à 800 000 électeurs ; les circonscriptions électorales sont modifiées : équilibrage des représentants entre les régions du RU. Ouverture aux classes moyennes, faisant entrer dans le corps électoral la petite et la moyenne bourgeoisie.

 

 

III.         L’agitation sociale et politique et son échec

 

Mouvement chartiste. Revendications populaires sont nombreuses. Dénonciation des lois sur les pauvres : dissuasion à l’assistance. On construit des ateliers pour les pauvres qui reçoivent un financement grâce à des taxes. Les ouvriers y vivent très mal et préfèrent s’entasser dans les villes. Dénonciation du protectionnisme. Le RU n’est pas un grand pays agricole : corn Laws : prix élevé du blé. Elle pourrait se ravitailler à meilleur prix en achetant à l’extérieur. Agitation irlandaise autour de la dîme : les paysans refusent de payer. O’connell réclame le rappel du Parlement à Dublin. Il réunit les meetings qui réunissent 250 000 personnes. Son mouvement se radicalise : les Young irish men.

Première agitation ouvrière : théories socialistes (Robert Owen : New Moral World). Mouvement d’ordre politique : le chartisme, va fédérer toutes ces associations en 1836. Pétitions au Parlement. Mouvements très durement réprimés en 1847-1848. Refus du suffrage universel mais Peel accepte de retirer les lois sur le blé et abolit les mesures protectionnistes et permet une formidable expansion commerciale. La question irlandaise semble se régler d’elle-même par la Grande famine de 1846 : 200 000 morts. Il ne reste plus qu’aux paysans irlandais l’émigration vers l’Angleterre et les USA : perte de 2 millions d’habitants. En 1851 l’exposition universelle de Londres la supériorité de l’Angleterre. Marx s’établit en Angleterre pour attendre la révolution prolétarienne en vain.

Publié dans Semestre 1

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