Wasmer équilibre de marché 9

Publié le par 1A 08/09 notes

Séance 9 : Interactions Etat-marchés

 

            Puissance publique intervient si elle estime le marché inefficace ou inéquitable :

-          marché du travail

-          Politique agricole

-          transports collectifs

-          environnement

 

I.                 Préliminaire

 

            Efficacité au sens de Pareto (Italien) : il ya « Pareto-amélioration » si on augmente le bien-être de certains individus sans diminuer celui d’aucun autre. Croissance économique = efficacité Pareto ? Cela dépend si le bien-être des catégories les plus défavorisées ne diminue pas. De même l’ouverture aux échanges n’est pas forcément Pareto-améliorante.

            Une situation est efficace au sens de Pareto s’il n’existe pas de mécanisme Pareto-améliorant. C’est un nouveau critère d’efficacité qui va être à priori très différent de la maximisation du surplus collectif. On tient compte de certains individus et pas d’une globalité maintenant.

            1er théorème du bien-être : l’équilibre en concurrence pure et parfaite est toujours optimal au sens de Pareto. La situation que l’on atteint par ce mécanisme est Pareto-optimale : il est impossible d’améliorer le bien-être de certains sans détériorer celui des autres. Il n’existe aucune personne qui souhaiterait échangée pour profiter au producteur. Il n’existe pas de situation gagnant-gagnant. Question inverse : en dehors de cet équilibre (par ex avec un prix minimum), peut-on améliorer au sens de Pareto ? Permettre la vente sous le prix minimum à titre exceptionnel est Pareto-améliorant. En accordant des dérogations et non pas et baissant le prix minimum pour tous qui ne profiterait pas aux producteurs. L’exception serait au sens de Pareto préférable à la règle. Les exceptions à la règle sont mieux que les règles.

            Autres exemples similaires. Exceptions au salaire minimum : cela protège les salariés mais empêche certaines entreprises d’embaucher des salariés très peu qualifiés. De même la « petite corruption » peut bénéficier à 2 personnes sans désavantager les autres. Il y a donc des limites au concept normatif.

            Cette règle d’efficacité au sens de Pareto est fragile car elle s’applique à un marché local. Le concept est relatif à une situation d’origine. Exemple : la suppression du prix minimum n’est pas Pareto-améliorant mais son instauration ne l’est pas non plus (1er théorème du bien-être). Et donc selon ces critères les réformes sont impossibles.

            C’est donc un concept riche mais un critère faible. Le concept est politiquement coûteux à ignorer (les personnes désavantagées vont vite se mobiliser).

 

            Elasticités. But : connaître la réponse du marché si l’environnement externe va changer : coûts de production, technologies, préférences des consommateurs, revenus (hausse).

            Une hausse des coûts de production entraîne un déplacement vers la gauche ou le haut de la courbe d’offre. Cela entraîne un changement du prix et des quantités à l’équilibre. Figure 2. 2e enseignement : le prix monte mais de moins que l’augmentation des coûts. La hausse des prix répartit imparfaitement la hausse des coûts de production car les quantités produites sont réduites aussi (et donc les coûts marginaux de production vont diminuer car en principe ils sont croissants). La pente de la courbe d’offre va jouer un rôle important pour savoir comment va évoluer les prix et les quantités.

            2ème exemple : l’inverse : baisse du revenu des consommateurs : baisse de leur utilité marginale de consommation. La baisse des prix est inférieure à ∆ car la courbe de demande est penchée et non plate donc les prix baissent moins que prévu.

            Tout changement de l’environnement se traduit par un changement à la fois des prix et des quantités. C’est crucial de savoir en quelles proportions. Donc la pente des courbes va le permettre. Cette pente est directement liée à l’élasticité.

           

            L’élasticité de la demande est la variation en pourcent des quantités demandées suite à une hausse du prix de 1%. Pour un bien ordinaire on a un nombre négatif. Rappel : consommation de tabac = -0,5

 

            L’élasticité de l’offre est la variation en pourcent des quantités produites suite à une hausse du prix de 1%. C’est un nombre positif.

            Offre très élastique : figure 4. Offre inélastique : figure 5.

 

            A court-terme l’offre est moins élastique qu’à long-terme (les producteurs ont moins le temps de réagir). Parfois à court-terme elle est très élastique (vente de logiciels sur internet = Cm faibles donc offre élastique).  En offre très inélastique un changement de la demande se traduit presque uniquement par un changement de prix. Une offre très élastique et un changement de la demande se traduit presque uniquement par une amélioration de la quantité proposée.

 

            Impact d’une politique d’offre (baisse des charges par exemple) dépend de l’élasticité de la demande. Si la demande est très élastique et il y a une politique d’offre cela va se répercuter uniquement sur les quantités.

 

 

II.             Interventions sur des marchés intrinsèquement « efficaces »

 

            Interventions possibles en concurrence pure et parfaite : fixation des prix  (mauvaise décision car on entraîne des distorsions), politique de quotas et de taxes (même analyse). Une politique de quotas vise à fixer une production maximale aux producteurs (pour les protéger pour qu’il n’y ait pas trop de concurrence ou limiter l’exploitation des ressources). C’est une restriction par rapport à la libre entrée sur le marché. Cela ressemble à un prix minimum. PQ est le prix que sot prêts à mettre les consommateurs pour une quantité produite donnée.

            Triangle vert = triangle Haberger.  Il existe des consommateurs insatisfaits, qui sont exclus de la consommation car le prix imposé par le quota est trop élevé et on voit bien qu’il existe d’autres prix pour lesquels ils voudraient consommer. De même il existe des producteurs désirant produire. En les laissant échanger on pourrait augmenter le surplus collectif. Si on autorise l’exception les quotas sont Pareto-efficaces sinon non.

 

            Si le surplus collectif est partagé inéquitablement, ne pourrait-on pas taxer les uns pour redistribuer aux autres ? Figure 10. Taxe de 20 sur le surplus des producteurs. On introduit une distorsion (écart) entre l’utilité marginale des consommateurs et le prix de revient des producteurs. L’équilibre c’est de faire en sorte que la perte de surplus pour chaque groupe soit la même. La taxe implique une hausse du prix final pour le consommateur par rapport à la situation sans taxe et une baisse du prix reçu par le vendeur. Donc écart entre les 2 : c’est le coin fiscal.

            Utilité marginale – coût marginal = taxe.

 

            Les recettes fiscales correspondent à l’écart entre les 2 surplus. Mais il y a toujours la perte de surplus (triangle vert) donc les taxes ne sont pas une si bonne idée que cela.

           

 

III.         Interventions sur des marchés intrinsèquement inefficaces

 

 

            Cadre différent de l’analyse précédente. Efficacité atteinte si prix libres, quantités libres, libre entré, concurrence et transparence, pas de taxes ni de rigidité. Or dans des marchés cela n’est pas le cas. Défaillances du marché : le laissez-faire est lui-même inefficace. Manque de transparence, d’informations…Externalités réduisent l’efficacité du marché aussi.

 

            Une externalité c’est lorsque le comportement d’un agent influence l’environnement d’un autre agent. Cela s’éloigne de la concurrence pure et parfaite où il n’y a pas d’interactions.

            Exemple : externalité de pollution. Ex : coûts collectifs (pour la société) sont supérieur aux coûts privés. Le coût collectif c’est la somme des coûts privés et des coûts des autres personnes, de la société (=impact négatif). Elle peut être positive, comme la recherche, l’innovation, l’éducation. Il est possible que ce que lui rapporte son brevet soit très inférieur aux bénéfices collectifs.

 

            Or le marché n’internalise pas ces effets : défaillance de marché car l’optimum n’est pas atteint spontanément.

 

            Exemple : entreprise qui produit Q et qui pour chaque unité produite produit x(Q) unités de pollution. Pollution = nuisance pour les riverains. Il n’y a pas de technologie pour diminuer la pollution et donc la seule solution pour diminuer la pollution c’est de réduire la production.

            Logique : l’entreprise recherche l’optimalité, soit coût marginal = revenu marginal. Or on introduit le coût marginal de la pollution et on obtient le coût marginal collectif (entreprise+citoyens). La donne est donc bouleversée. Figure 13. Donc la quantité optimale est changée à cause du coût marginal collectif. Figure 14.

 

            On passe de coût marginal privé = prix à coût marginal collectif = prix. L’internalisation de l’effet de pollution à conduit à ce changement.

 

            La première solution c’est de baisser le prix en taxant. On appelle « taxes à la Pigou » les taxes destinées à internaliser les externalités. Problème : cela nécessite beaucoup d’information pour le « régulateur » (puissance publique). Il doit savoir le coût de la pollution pour les riverains par exemple. Or c’est difficile à déterminer.

            Une autre solution c’est le rachat de l’entreprise par les riverains. Ensuite c’est eux qui décident du niveau de production. La collectivisation permet d’internaliser l’externalité. Problème : les riverains paient de facto la pollution. Les droits de pollution achetés initialement par l’entreprise sont attribués aux riverains.

            La solution aux problèmes des externalités est de créer des marchés (Ici, de droits à polluer). Solution de Ronald Coase. Le marché attribue un prix et permet d’internaliser les externalités (optimum social) quelle que soit l’attribution initiale des droits.

 

            C’est efficace mais est-ce équitable ? Décision politique : distribution des droits à polluer.

 

Concept à retenir :

-          effet des taxes et des quotas sur le surplus

-          efficacité au sens de Pareto

-          les externalités.

-          Théorème de Coase.

Publié dans Semestre 1

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