VGE vs DCB - Conférence sur l'Europe

Publié le par 1A 08/09 notes

En la présence de:
Valéry Giscard d'Estaing
Daniel Cohn-Bendit
Christophe Barbier, directeur de l'Express


(Présentation de dauphine: INUTILE)

Présentation de Christophe Barbier:
Après un discours quelque peu moqueur sur le personnage de VGE et sur les Verts, il leur trouve un point commun: l'Europe (c'est un peu le titre de la conférence)
Et attention la blague de la journée: il peut naître une « lave story » entre deux hommes politiques volcaniques.


Réactions à la présentation

VGE: Je suis frappé de voir qu'il y ait plus de paroles que de pensées. Keynes étudiait avec beaucoup plus de minutie qu'aujourd'hui.
Je crois être un esprit libre, un peu comme vous.
Je n'ai pas jeté des pavés, nous étions aux opposés au point de vue politique à ce moment-là

DCB: Europe avance peu à peu mais en ce moment on fait du surplace. Les peuples n'ont pas compris que si on ne fait une avancée commune avec les pays européens, on ne pourra répondre à la crise.
Effrayé devant l'impossibilité des hommes politiques de dire le vrai aux populations.
68: VGE a levé l'interdiction de séjour de DCB


Premier thème: Europe: un géant économique mais un nain politique?

Reportage: 495 millions d'habitants
2 francais sur 5 se considèrent comme des citoyens européens.
Elections européennes mobilisent peu
50% en 1999 et 45% en 2004

VGE: Commence par lance un casse à la présentatrice: « Quel est votre point? »
On a vécu pendant 10-15 dans une Europe économique; Il y avait encore toutes les frontières.
1990: Allemagne dit qu'elle veut bien renoncer au Deutschmark si il y a la création d'une union politique.
1992: Maastricht - politique de défense commune
Depuis ce traité, il  y a peu de progrès.

DCB: Aux débuts, les populations pensaient qu'une politique commune c'était de cumuler les politiques des différents pays. Aux Balkans, cette vision était impossible: Allemagne traditionnellement pro-croate, alors que le RU et la France étaient traditionnellement pro-serbe
ll faut donc dépasser cette vision pour faire une politique supra-nationale.

Bonne intervention de la présentatrice qui parle des institutions communes
Elle parle d'échec, et de gel ce que VGE réfute puisque c'est les français qui ont voté contre, et « qui ont eu tort »
-> 3 Oui contre 2 Non pour l'instant
Espagne: 70% OUI
Impossible de gouverner 27 états avec les institutions actuelles.
Il manque des responsables qui disent que le traité de Lisbonne ne suffit pas.
Pour se mettre à la hauteur du défi proposé par Obama, il faut une Europe forte, une Europe capable.

Vidéo de VGE le 16 janvier 2008 sur le traité simplifié de Lisbonne qu'il dit « plus long », « même contenu et une présentation différente », « une simplification qui rallonge », « impossible à lire »

VGE: 24 états sur 27 ont ratifié le traité
La Suède s'est prononcé la semaine dernière et a massivement voté pour (voté au Parlement et pas en référendum)
Presse française n'a absolument rien dit sur le sujet alors que si la Suède avait dit non, cela aurait fait les titres.

DCB: Solution démocratique face à cette crise
On regarde tous les Irlandais pour savoir si ils vont voter le traité, mais celui-ci ne suffit pas, c'est seulement une étape.
Sarkozy sait jouer au bluff, il fait comme si sa position en président de l'Europe lui donnait un pouvoir

Présentatrice: « La présidence de la France a-t-elle été un peu du « marketing » »

VGE: Deuxième casse de la journée: « Bon, allez, avançons un peu »
Il faut un président qui représente l'Europe -> blague sur le président tchèque et son altercation avec DCB qui lui avait offert un drapeau européen.
¾ des sujets sur le plan de relance traitent des compétences nationales.

DCB: En politique, on veut le beurre et l'argent du beurre.
On veut l'Europe avec une souveraineté des Etats.
Les peuples sentent qu'on ne peut continuer à fonctionner comme ca, par des plans nationaux.
On va tout de suite devoir discuter des évolutions...
Propose Fischer comme bon président de l'Europe - « c'est pas parce que c'est mon copain ».


Intervention d'une étudiante qui ne se réfère pas à DCB comme président, scandaleux pour le président des Verts.

L'Europe manque de confiance en soi

Réponse de DCB: Il y a véritablement un « rêve européen » derrière. Il faut réanimer ce rêve.
Il y a 60 ans, une Europe sans frontières était absolument inimaginable. Il y a donc des possibilités, il suffit de remettre aux goût du jour ce rêve pour les citoyens.
Répondre à la crise en offrant des réponses qui intègrent tous les pays.

VGE: Les groupes veulent garder leurs identités tout en former un grand ensemble européen
(DCB: Les irlandais veulent rester irlandais mais avec l'argent européen)
Faire voter la langue unique en Europe? Impossible
Il faut qu'on continue à vivre dans le cadre habituel mais avec un « toit européen » par lequel le reste du monde nous connaît.

DCB: Malheuresement, ce toit européen change la vie quotidienne.
Exemple des chasseurs.


Nouvelle intervention d'une étudiante: Il y a une forte critique des institutions européennes en cette période de crise et notamment la BCE. N'y a t-il pas un malaise auto-entretenu entre le national et le supra-national?

DCB: Les verts européens: seul groupe à proposer des listes transnationales.
Mais défaits aux élections.
Référendum à double majorité: à la fois des peuples et des pays. Les pays qui ont voté non ont alors le choix de rester dans l'Europe ou non. Ca a été le cas en Allemagne en 1950 avec la Bavière qui a voté NON à la Grundgesetz.
Il faut dépasser cette crise du oui et du non et se demander quelle est la politique à entreprendre pour sortir de la situation actuelle.

VGE: Dans le système politique de l'Europe, il n'y a pas de communication entre les vies politiques des différents pays.
Tous les deux ans, il faut organiser un Congrès des peuples européens.
Président du Conseil - rapport sur la situation de l'Europe
Grand débat entre les politiques européens.
Le Parlement européen a voté contre car il pensait que ca affaiblirait ses droits.
Il faut qu'il y ait un communication

DCB: Il faudrait que les hommes politiques apprennent à faire de la politique dans d'autres pays.
« VGE devrait donc apprendre à faire de la politique en Suède. C'est difficile hein. Not easy, not easy. »
VGE: « Oui, il faut mettre un manteau »
DCB: « Non, en juin il fait beau en Suède »









Deuxième thème:
UE première puissance économique mondiale.
Malte, Irlande semblent comme les premières victimes de la crise
Barroso - 200 milliards d'euros en 2009 - 2010 pour sortir de la crise soit 1,5% du PIB Européen...
Financé en majeure partie par les différents états
Assez timide par rapport à des mesures prises par exemple aux USA avec 800 milliards de dollars.

VGE: Compréhension de la crise est inexacte.
Il n'y a pas une crise, il y a deux crises et la menace d'une troisième crise.

Première crise: celle de la spéculation à NYC et à Londres qui avait amassé des gains massifs avant de s'écrouler. Europe a été protégé par l'euro. On aurait eu une dévaluation des monnaies nationales.
Dans le document européen, il est écrit que cette crise est déclenchée par les marché financiers, ce qui est complètement faux.
C'est une crise purement spéculative qui a touché les épargnants aux Etats-Unis ce qui est regrettable.

Deuxième crise: cycle économique. Hausse du pétrole jusqu'à $145. Spéculation immobilière beaucoup trop forte. Système déréglé qu'il faut donc arranger.

Sur la première crise, l'Europe a bien géré la crise. Gouvernement européen et gouvernements nationaux ont fait « un 18/20 ».

DCB: Sur la réponse que donne VGE, j'ai l'impression qu'il n'a pas très bien compris.
Il y a un an, on parlait de la crise écologique comme demandant un coût de 2 fois les PIB nationaux.
Nous sommes à un carrefour de crises.
Barroso dit exactement le contraire d'il y a un an sans dire qu'il s'est trompé à l'époque. Il est aujourd'hui un défenseur de la régulation contrairement à ce qu'il disait avant. « Il n'est pas à la hauteur »

VGE: Ce n'est pas un plan de relance.
Règle certains problèmes en faisant un catalogue de ce que vont faire les gouvernements nationaux.
La situation économique ne va pas redémarrer maintenant.

DCB: On a une addition, il n'y a pas de relance.
Ministre des finances allemand connaît à peine les dimensions allemandes, sans parler de l'Europe. Pense pouvoir s'en sortir seul.
Europe en panne.


Intervention d'un étudiant tchèque: Pas de plans sauvetages en République Tchèque. Cette crise va-t-elle changer la manière de faire en Europe?

VGE: On peut avoir une politique monétaire dans la zone euro mais c'est tout. On ne peut influencer sur les autres monnaies (République Tchèque, RU...)
Pense qu'il y aura des progrès sérieux sur le sujet de la finance au point de vue européen. Le système était très défaillant et il va être rétabli après cette crise.


Nouvelle intervention: Européanisation des banques, est-ce possible, est-ce souhaitable?

DCB: En Suède, pendant la crise, le gouvernement a pris des parts dans les banques et les a revendu après la crise.
Impossible d'européaniser ces banques, beaucoup trop compliqué.
Il faut cependant faire une BCE qui soit capable de décider, que le traité lui donne cette possibilité.

Présentatrice: VGE, pouvez-vous nous résumer les attitudes de Brown, Merkel et Sarkozy face à la crise?

VGE: Ce n'est pas mon rôle. Je pense cependant que la GB est le pays le plus touché. Brown a par exemple demandé la création d'un fond mondial.
Il faut une sortie commune et bien sûr pas avoir une avancée allemande et française séparée de l'avancée brittanique.

DCB: Trouve que JC Trichet a été celui qui a eu le plus de sang-froid.
Le couple franco-britannique n'a aucune chance. Les britanniques doivent décider si ils veulent être le 51ème état américain ou le 27ème pays européen.
Il faut une convergence entre les français et les allemandes.


Troisième thème: Poids de l'Europe sur le plan international

La crise géorgienne a-t-elle contribué à avancer sur la défense européenne commune et ainsi dépasser le problème irakien?

VGE: Impossible de définir géographiquement la Géorgie aujourd'hui
Tout de même un résultat positif avec des ultimatums et des positions communes.

DCB: Sarkozy a agi avec plus de capacité grâce au bluff qu'il a fait en tant que président de l'Europe.
Intervention des forces en Afghanistan - il faut que les Européens parlent de manière commune aux Américains. Trop de dispersion.

VGE: Idée de faire une guerre en Afghanistan n'a pas de sens. Il peut y avoir des actions qui aient un sens mais c'est tout. Il faut les définir.
Limiter aux grandes villes? Exercer un contrôle plus vaste?


Vidéo sur l'intervention de DCB au Parlement européen sur la Chine et les Jeux Olympiques. Il parle de l'attitude de Sarkozy qui est honteuse. Ca aurait été l'occasion de montrer les valeurs européennes mais on ne pense que à l'aspect financier, au commerce...


VGE: aucune décision commune. Les gouvernements ont pris leurs décisions sans se concerter avec les autres. Il n'y a pas d'esprit européen.
Quelques domaines où les Européens votent ensemble -> Nations Unies. Le plus grand débat politique sur la paix israëlo-palestinienne, il faut absolument des accords communs.

DCB: Le problème n'est pas que Sarkozy supporte le parti communiste chinois mais que les gouvernements français et allemands sont en miettes face à la Chine.
Prend l'exemple d'un dissident chinois à qui on a dit que si il faisait appel, il n'aurait pas le droit aux soins et si sa femme lui disait qu'il avait obtenu le prix Zakarhoff (?) sa peine serait doublé.
Il faut donc que l'Europe condamne tout cela.


Intervention d'un étudiant: Europe et les droits de l'homme?

VGE: Les droits de l'homme ne sont pas le seul aspect des relations européennes. Ce ne sont pas des valeurs universelles dans leurs applications
La tolérance est dans les textes institutionnels.
L'Europe ne peut pas donner des leçons, compte tenu de son passé qui n'est pas dépourvu de fautes.
Pendant tout le XIXème siècle, l'Europe a pillé la Chine de manière honteuse. Il y a eu des massacres massifs en Europe.


Intervention d'une étudiante: Place de l'écologie dans la politique européenne.

DCB: On sacrifie la crise écologique au profit de la crise économique.
Il y a 12 ans, en Allemagne il a été signé un accord disant qu'il faut limiter à 120 g l'émission de CO2.
Aujourd'hui, 12 ans après donc, les accords sont au delà de cette limite. Il y a absolument aucun progrès.
On a une conscience écologique mais quand il faut faire quelquechose rien ne se passe.
L'automobile va se « casser la figure » car il faut des voitures qui fonctionnent plus longtemps et qui consomment moins ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui.
On n'est pas à la hauteur et on est très loin de la « conscience verte ».

VGE: L'explosion démographique depuis le début du XXème siècle est un phénomène qui engendre de nombreux problèmes dont les problèmes écologiques. Consommation et déchets vont inévitablement augmenter.
Les angles pris sont trop étroits.
Question des éoliennes - vont détruire une partie de ce que les Français ont préservé : le patrimoine naturel. On en a pas besoin, on produit déjà trop d'électricité.
On a détruit les moulins à vent pendant la Révolution Industrielle.

On est obligé de développer le nucléaire, ca va être le cas aux Etats-Unis et les éoliennes sont le type d'électricité le plus cher.

AU bout d'1h50 de débats, ils sont enfin pas d'accord. En tant que vert convaincu, DCB pense que sur le long terme on peut se passer du nucléaire, mais pour VGE « on y est pas encore ».
Obama a annoncé qu'il allait développer le nucléaire, mais pour DCB: « tout le monde peut faire des erreurs, même Obama ».

VGE: il faut écouter les jeunes européens. Ils savent que leurs pays sont très petits et il faut donc construire l'Europe. Dans l'avenir ils seront des citoyens de deux états. Nationaux pour tout ce qui touche leur vie personnelle et ils seront européens dans leur relation avec le monde.


Conclusion de Cristophe Barbier:
Solution est finalement d'enterrer les éoliennes (ha, ha)
Situation de la GB -> la crise ne va-t-elle pas forcer les britanniques à se joindre à la zone euro?
Gouvernance -> impossible de décider à 27. Il faut donc que les « grands pays » décident. OUTRAGE pour VGE et DCB qui pensent qu'une fois qu'on a dit ca on a « perdu », on « peut rentrer à la maison ».
Dans ce temps de crise, l'Europe doit relever le défi de la vitesse, de la prise de décision et pas seulement de la pensée, de la réflexion.
Elargissement à l'Islande, au Groenland: doit-on le intégrer à l'Europe?

Pourquoi n'a-t-on pas un mode de scrutin international?

Souverainisme, protectionnisme au niveau européen est nécessaire.
Il faut avoir un peu de ce souverainisme. 

Publié dans Conférences

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article