FM3 - La notion de droits de l’individu et l’individualisme

Publié le par 1A 08/09 notes

La notion de droits de l’individu et l’individualisme

 

Introduction

La déclaration des droits de l’Homme et du citoyen est adoptée en août 1789 : devenue ordinaire pour nous, elle avait alors une ambition extraordinaire. Elle voulait être la meilleure constitution possible pour tous les hommes et tous les temps. Elle s’inspire de l’expérience américaine, et La Fayette et Jefferson travaillent ensemble. L’influence de Rousseau et de son Contrat Social est également visible : il y a des individus dispersés, ayant des droits individuels, qui créent des liens. C’est toutefois là que se forme une contradiction dans la déclaration :

Ø          D’un côté, la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen présente le droit des individus.

Ø       Est présente une tentation autoritaire : c’est la déclaration qui instaure les sociétés.

L’article 3 présente le principe de la souveraineté (toute souveraineté réside principalement dans la nation) : il mène à la suppression de toute une série de corps intermédiaires censés faire barrage entre l’individu et la nation (académie Française, corporations, académie royale de musique). Comment concilier des individus libres et une société solide et souveraine ? C’est à cette question que tentent de répondre Constant comme Tocqueville.

 

I] Benjamin Constant (1767-1830)

1) Biographie

 

On l’associe souvent au premier grand cercle de pensée Européen, le cercle Coppet (château de Mme de Stael, la fille de Necker). C’est un lieu de brassage d’idées, fondé sur le principe de conversation, le lieu de naissance du romantisme européen. C’est aussi un lieu de foi, de renouvellement religieux dans la religion protestante (angoisse née des changements du régime). Ce protestantisme a eu des liens particuliers avec le libéralisme (attachement au pouvoir qui arrête le pouvoir) bien  que ce terme soit au début du siècle un anachronisme.

C’est dans ce milieu intellectuel très particulier que naît l’œuvre de Constant, exposant précocement la modernité, les problèmes qu’elle cause, le sentiment d’être perdu de l’individu.

 

2) De la liberté des Anciens comparée à la liberté des Modernes 

 

 « De la liberté des Anciens comparée à la liberté des Modernes » a été issu d’une conférence devant des individus érudits et entièrement masculins en 1819. Pourquoi cette comparaison ? Parce que la référence à l’antiquité pourrit la vie politique lorsqu’elle n’est pas considérée comme dépassée. Constant veut montrer que le modèle ancien ne peut pas s’appliquer au début du XIXe siècle : pour cela, il divise son texte en trois parties.

 

Ø     La liberté des anciens :

Elle est résolument archaïque, se définit par la liberté collective (« souveraineté du peuple », on construit ensemble la loi qui nous dirige). Il donne l’exemple de l’ostracisme athénien (bannir quelqu’un, un homme politique, pour dix ans) derrière lequel, selon lui, se cache un nouveau visage du despotisme. Celui-ci, démocratique, serait plus dangereux que le despote monarchique, car on ne se révolte pas face à un pouvoir qu’on a mis nous-mêmes en place.

 

Ø     La liberté des modernes :

Il étudie cette liberté au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, et en France : celle-ci se définit négativement (= ne pas faire l’objet d’arbitraire). « L’indépendance individuelle est le premier des besoins modernes » : c’est la possibilité pour chacun de se livrer au commerce comme la liberté privée (la notion de privé est nouvelle également). Il se pose également le problème des représentants (tous les citoyens n’ont pas le temps de se consacrer à la politique).

 

Ø     Ce que doit être la liberté politique moderne

Pour Constant, cette liberté moderne n’est pas suffisante : il parle ensuite de la « destination de l’homme ». Il naît avec cette nouvelle liberté un nouveau danger, que chacun s’absorbe dans le privé, dans la volonté de gagner de l’argent : il s’ouvrirait un espace vide où s’engouffrerait le pouvoir. Il dénonce le risque de despotisme tutélaire, qui prétendrait rendre heureux les citoyens : « que le pouvoir tâche d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux ». Ca n’a rien d’évident : avec la fin de la Monarchie, et sans Etat-providence, le despotisme tutélaire pourrait sembler loin.

Pour lui, une égalité intellectuelle qui fait la gloire du peuple existe entre les individus ; ils sont tous capables d’obtenir de la gloire en participant à la vie politique (en surveillant étroitement leurs représentants).

 

II] La notion d’individualisme par Tocqueville

 

Tocqueville reprend cette méditation sur ce qu’on peut faire de l’individu dans une société moderne, ce qu’on doit faire face à l’individualisme, mais dans un contexte de société démocratique. Il voit dans de telles sociétés un double mouvement :

Ø     Le mouvement d’émancipation de l’individu (protestantisme, Révolution Française), d’indépendance sociale et familiale, qui va jusqu’à l’individualisme (mot nouveau : l’individu se pense autonome, pense pouvoir vivre sans avoir besoin des autres)

Ø     L’individualisme se renverse vers le despotisme : c’est inscrit dans la nature de la Démocratie : l’individu replié ne fait plus confiance qu’à l’Etat. Les remèdes possibles, seraient de recréer des corps intermédiaires, des liens entre les hommes : avec les journaux, les associations (philanthropie américaine).

Ø     « Il n’y a rien de moins indépendant qu’un citoyen libre » L’Ancien Régime (1856) : l’individu est libre s’il est autonome et intégré à une société.

 

On retrouve depuis Montesquieu des points communs : l’attachement à la garantie, ce qui permet à l’individu de conserver son autonomie, qui est très libéral. 

Publié dans Semestre 1

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